À l’approche d’une décision judiciaire attendue le 23 avril, le sort du lycée musulman Averroès reste en suspens.
Déchu de son contrat avec l’État en décembre 2023 suite à une décision préfectorale, le lycée lillois espère aujourd’hui un retour en grâce. Le verdict de la justice est attendu, mais la ministre de l’Education, elle, n’a pas l’intention de lâcher du lest.
L’établissement, reconnu pour ses bons résultats scolaires mais aussi au cœur de polémiques récurrentes, avait perdu son contrat avec l’État à la suite d’une décision préfectorale.
Désormais, le tribunal administratif doit trancher, pour savoir si le lycée pourra retrouver son statut sous contrat.

Le rapporteur public a recommandé ce mardi d’annuler la résiliation du contrat entre l’État et le lycée Averroès, pointant des irrégularités et une appréciation excessive des manquements reprochés à l’établissement musulman.
Interrogée à ce sujet, ce lundi 7 avril dans l'émission "Lundi c'est politique", sur LCP, la ministre de l'Education nationale, Elisabeth Borne a laissé peu de place au doute sur la position de son gouvernement.
“On verra quelle serait la motivation pour contester la décision de l'État. En fonction, on pourra faire appel”, a-t-elle affirmé, ouvrant clairement la voie à une possible contestation de la décision de justice si celle-ci venait à rétablir le contrat du lycée.
Alors même que le rapporteur public, souvent suivi par les juges administratifs, a estimé qu’il n’y avait pas de problème justifiant la rupture du contrat, et demandé d’annuler la résiliation, Élisabeth Borne a tenu à marquer sa différence d’analyse.
“On ne partage pas l’avis du rapporteur public. Il dit qu’il n’y a pas de problème. Il se trouve que l’inspection disait autre chose”, a-t-elle affirmé.
Interrogée une dernière fois pour confirmer si l’État ferait appel dans le cas où le tribunal trancherait en faveur du lycée Averroès, Borne a répondu sans détour : “Vraisemblablement”.
Deux poids deux mesures
Le député LFI, Paul Vannier n’a pas manqué de relever le “deux poids deux mesures” entre la réaction de Borne concernant la procédure contre l’établissement privé catholique de Bétharram, après les scandales de violences et de pédophilie dans celui-ci, et celle réservée au lycée Averroès.
“Interrogée sur Betharram, Borne avait d’abord déclaré ne pas avoir à se prononcer sur une affaire judiciaire en cours. Concernant Averroès, où une procédure judiciaire est en cours, la même annonce déjà son intention de faire appel. Deux poids deux mesures révoltant”, s’est indigné le député LFI.