"Gaza est jonchée de décombres, jonchée de corps, et jonchée d'exemples de ce qui pourrait constituer de graves violations du droit international", a déclaré le chef de l’ONU, près de 700 jours après le début de la guerre meurtrière d’Israël, le 7 octobre 2023.
Dans le territoire palestinien assiégé, dévasté et en proie à la famine selon l'ONU, l'exode des habitants du nord — où l'armée israélienne intensifie son offensive — se poursuit. Des dizaines de familles se dirigeaient encore vers le sud sur la route côtière, sur des charrettes tirées par des ânes, des véhicules endommagés surchargés de sacs, ou même à pied.
Pour beaucoup, il s’agit d’un énième déplacement, les Nations unies estimant que la quasi-totalité des plus de deux millions de Gazaouis a déjà dû quitter son logement au moins une fois en près de deux ans, en raison des bombardements.
Malgré des pressions grandissantes, tant à l'international qu'au sein de la société israélienne, l'armée a déclaré jeudi que ses soldats "poursuiv[ai]ent leurs opérations" dans tout le territoire, notamment à Khan Younès `[sud] et dans le nord.
“Nettoyage ethnique”
Jeudi, la Défense civile a fait état de 61 morts "à la suite des bombardements israéliens continus depuis le lever du jour."
Ce vendredi matin, au moins 21 Palestiniens ont été tués dans des attaques israéliennes à travers Gaza depuis l’aube, ont indiqué des sources hospitalières de l’enclave.
Parmi les victimes figurent cinq personnes tuées lors d’une frappe de drone israélien visant des tentes de déplacés dans la zone d’al-Mawasi, au sud de Gaza. D’autres déplacés, dont des enfants, ont également été blessés dans l’attaque.
Cette zone, située à l’ouest de la ville de Khan Younès et censée être une “zone de sécurité”, est pourtant régulièrement la cible de frappes de l’armée israélienne.

L'armée israélienne avait affirmé mercredi que l'évacuation de Gaza-ville était "inévitable", au vu de la décision prise par Israël d’envahir cette localité, la plus grande du territoire. Mais de nombreux acteurs humanitaires jugent ce projet irréaliste et dangereux. L'ONU estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat qui comprend Gaza-ville et ses environs.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, a de son côté appelé jeudi le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à lancer l'annexion de Gaza.
Le Hamas a fustigé "un soutien ouvert à la politique de déplacement forcé et de nettoyage ethnique" du peuple palestinien.
"Point de rupture"
À l'issue d'une visite sur place, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, a estimé que la bande de Gaza avait atteint un "point de rupture."
Après avoir bloqué en mars toute aide humanitaire, Israël a autorisé de nouveau son entrée progressive depuis mai, mais à une échelle jugée largement insuffisante par l'ONU et les ONG.
Des experts des droits humains de l'ONU ont pour leur part fait état jeudi d'informations sur des "disparitions forcées" de plusieurs personnes, dont un enfant, sur des sites de distribution d'aide à Rafah (sud).
L'offensive génocidaire d’Israël a tué au moins 62 966 Palestiniens dans ce territoire assiégé et dévasté, selon les chiffres du ministère de la Santé de l’enclave, jugés fiables par l'ONU.