Les 1 300 élèves de l’Institut, qui y suivent des cours d’arabe ou de religion, ont été prévenus : les cours ne vont pas reprendre en septembre et leurs cotisations seront remboursées. La mosquée reste, elle, ouverte.
Cette école qui propose des cours sur le temps périscolaire est bien connue des Strasbourgeois et des Schilikois car elle a été fondée il y a près de trente ans. L’institut gère une mosquée et un centre d’apprentissage de la langue arabe et de la religion musulmane.
Un arrêté municipal datant du 11 août a officialisé la fermeture d’une partie de l’Institut Al Andalous, implanté dans le quartier de la Vogelau, à Schiltigheim. Le dossier de mise aux normes est en suspens depuis 2021.

Des dons pour sauver l’institut
Depuis qu'ils ont appris la fermeture, le 8 juillet, les dirigeants de l'institut sont sous le choc. Ayoub Boumaza, actuel responsable de l’Institut, a lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux pour essayer de couvrir les frais.
“Cette fermeture soudaine nous place dans une situation financière extrêmement compliquée. Nous sommes au bord de la faillite à cause des remboursements et des frais de mise aux normes”, a souligné Ayoub Boumaza, qui s’est dit très touché que certains élèves aient fait don de l’argent de leur inscription et que des associations soient venues en aide à l’Institut.
Mais le constat est lourd : l'institut d'enseignement Al Andalous ne prévoit pas de réouverture avant 2026 et a dû licencier ses 32 salariés. “Notre seul objectif est de mettre nos bâtiments en conformité. Nous ne voulons pas entrer dans la polémique. Notre seul objectif reste de mettre nos bâtiments aux normes. “
Pressions politiques en toile de fond
La maire de Schiltigheim a admis que la Préfecture avait fait pression pour qu’une fermeture administrative soit décidée. Cette école est clairement dans le collimateur du gouvernement après avoir été citée dans le fameux rapport sur “l’entrisme” des Frères musulmans”.
Le président de l'Institut Al Andalous a tenu à remercier la municipalité de Schiltigheim pour son soutien à l’institution et a conclu ainsi : “Nous espérons simplement que le climat politique actuel en France n’aura pas d’impact sur nos démarches car de manière assez surprenante, les procédures concernant nos dossiers semblent beaucoup plus complexes et contraignantes que la normale. Les architectes nous confirment que techniquement la mise aux normes est simple, mais de nouveaux points sont sans cesse ajoutés, et retarde l’obtention des autorisations et nous empêche d’avancer.”
La directrice de l’enseignement, Noria Addou, résume ainsi cet imbroglio administratif qui empêche l’institut de faire une rentrée normale. “Lorsque le coup est porté brutalement dans un but de détruire, le coup est douloureux et nous en soignons aujourd’hui les blessures.”