L’aviation israélienne a mené ce dimanche de nouvelles frappes aériennes sur le sud du Liban, ciblant selon l’armée israélienne des “infrastructures souterraines du Hezbollah” dans la zone de la crête de Beaufort. Ces attaques constituent une nouvelle violation des ententes de cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Liban, accentuant les craintes d’une reprise d’escalade à la frontière.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé que le site visé représentait une violation des “compréhensions” établies entre les deux pays, sans donner plus de détails sur la nature des infrastructures.
L’agence officielle de l’information libanaise (ANI) a rapporté de son côté que deux frappes avaient touché les zones d’Ali al-Taher et les abords de Kafr Tibnit, dans le Haut-Nabatiyeh. L’intensité des explosions a provoqué des secousses ressenties dans les habitations environnantes, semant la panique parmi les habitants.
L’agence a ajouté qu’un missile s’était abattu sur la route de Darb al-Qamar, près de Mifdoun, sans toutefois exploser, ce qui aurait pu causer des pertes humaines importantes. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.
Beyrouth dénonce une atteinte à la souveraineté
Le gouvernement libanais a immédiatement dénoncé les frappes, les qualifiant de “violation flagrante de la souveraineté nationale” et de menace directe à la stabilité du pays. Des sources officielles à Beyrouth ont appelé la communauté internationale à contraindre Israël à respecter ses engagements dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée après la guerre de 2006.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a également exprimé sa préoccupation, rappelant que de tels incidents violent l’accord de cessez-le-feu en vigueur. Dans un bref communiqué, la FINUL a appelé “toutes les parties à la retenue” et a souligné “le risque d’une escalade non maîtrisée” susceptible de plonger la région dans un nouveau cycle de violences.
Fin novembre 2024, après plus d’un an de combats acharnés entre Israël et le Hezbollah, un cessez-le-feu a été négocié avec l’aide directe des États-Unis et de la France. Ce pacte, signé le 27 novembre, imposait un retrait complet des forces israéliennes du sud du Liban sous 60 jours, en échange d’un repli du Hezbollah au-delà du fleuve Litani, et le déploiement progressif de l’armée libanaise appuyée par la FINUL.
Initialement prévu pour fin janvier 2025, le retrait a été repoussé à deux reprises, jusqu’au 18 février, puis au-delà.
Israël a conditionné son retrait à la mise en place complète de l’armée libanaise dans le sud et au retrait effectif du Hezbollah. Le Liban dénonce une non-application par Israël, et des incidents et pertes humaines ont déjà eu lieu.