TURQUIE
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Le refus de visas américains aux Palestiniens suscite une vague de condamnations internationales
La décision des États-Unis de refuser des visas à des responsables palestiniens pour l’Assemblée générale de l’ONU provoque un tollé international. De nombreux pays dénoncent une violation du droit international et un coup porté aux efforts de paix.
Le refus de visas américains aux Palestiniens suscite une vague de condamnations internationales
Le porte-parole de l'AK Parti Omer Celik, a affirmé que bloquer l’accès des responsables palestiniens “rend l’ONU insignifiante”. / AP
il y a 17 heures

La Turquie, la France et l’Espagne ont fermement condamné la décision américaine d’interdire à des responsables palestiniens de participer à l’Assemblée générale des Nations unies, qualifiant cette mesure “d’injuste”, de violation des normes internationales et de grave atteinte aux efforts diplomatiques et de paix.

Vendredi, Washington a annoncé qu’il refuserait des visas aux membres de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) pour l’Assemblée générale de l’ONU à New York. 

En RelationTRT Global - Gaza: la France dénonce le refus de visas américains aux Palestiniens

Cette décision intervient alors qu’un nombre croissant de pays annoncent leur reconnaissance officielle de l’État de Palestine, tandis que d’autres — dont le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni — se disent prêts à franchir ce pas.

Le département d’État américain a indiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio avait ordonné la révocation des visas, accusant l’Autorité palestinienne de “saper les efforts de paix” en saisissant les juridictions internationales et en cherchant à obtenir la reconnaissance de l’État palestinien.

Israël a salué la mesure : le ministre des affaires étrangères Gideon Saar a remercié Washington de “se tenir une fois de plus aux côtés d’Israël”, tandis que l’Autorité palestinienne a dénoncé une violation du droit international et de l’Accord de siège de l’ONU de 1947.

Turquie

Le parti au pouvoir AK Parti, a dénoncé une décision “injuste” qui mine la diplomatie. Son porte-parole Omer Celik a affirmé que bloquer l’accès des responsables palestiniens “rend l’ONU insignifiante” et tente de faire taire la Palestine alors même que l’élan mondial pour une solution à deux États s’intensifie.

Il a rappelé les propos du président Recep Tayyip Erdogan : “Le monde est plus grand que cinq, et personne ne fera taire la voix de la Palestine”.

France

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également critiqué la mesure américaine à la veille de la réunion informelle des chefs de la diplomatie de l’UE à Copenhague :

“Une Assemblée générale des Nations Unies ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès”.

Espagne

Madrid a condamné le refus de visas visant le président palestinien Mahmoud Abbas et 80 autres responsables, jugeant cela “inacceptable”. Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a exhorté l’Union européenne à prendre l’initiative pour défendre la représentation palestinienne aux Nations unies :

“Il est inacceptable que la délégation palestinienne ou Mahmoud Abbas ne puissent assister à l’Assemblée générale de l’ONU… Sa protection, son immunité, sont universelles, et l’Union européenne doit être à l’avant-garde de ceux qui les défendent. Cela devrait être le message clair de la réunion d’aujourd’hui”.

Qatar et Jordanie

Le Qatar a dénoncé une “violation flagrante du droit international”, tandis que la Jordanie a mis en garde contre un dangereux précédent risquant de compromettre les efforts de paix régionaux.

Reconnaissance croissante de l’État de Palestine

Le président français Emmanuel Macron a déjà annoncé que son pays reconnaîtrait la Palestine en septembre prochain à l’Assemblée générale de l’ONU. Le Canada et l’Australie ont promis d’y procéder, tandis que le Royaume-Uni a précisé qu’il le ferait en cas de refus israélien de cessez-le-feu.

Un précédent dangereux

En tant que pays hôte des Nations unies, Washington a l’obligation de ne pas bloquer l’accès des délégations. Si des militants réclament parfois des interdictions de visas contre des dirigeants controversés, les États-Unis n’y recourent que rarement. Parmi les exceptions : le refus d’entrée opposé au président soudanais Omar el-Béchir en 2013 en raison de poursuites de la CPI, ou encore le déplacement de l’Assemblée générale à Genève en 1988 après le refus américain de laisser entrer Yasser Arafat.

L’administration Trump affirme respecter ses engagements en autorisant la mission palestinienne elle-même, mais ses critiques dénoncent un nouveau coup porté au multilatéralisme, après le retrait des États-Unis de l’OMS et de l’accord de Paris sur le climat, ainsi que leurs sanctions contre les juges de la CPI.

SOURCE:TRT français et agences
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